Gîtes ruraux

      dans le sud du Péloponnèse

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Kalimera stin Ellada !

VOS VACANCES EN GRÈCE
Guy de LEUZE




**pour être laconiques!

Nous sommes au troisième millénaire après Jésus-Christ. Toute l'Europe semble conquise à l'ère de la pax informatica. Seule une région aux confins de l'Union résiste encore et toujours à l'envahisseur. Ici, dans le sud du Péloponnèse pourtant grand comme deux fois la Belgique, il n'y a ni gare ni chemin de fer ni autoroute ni aéroport ni vitre aux guichets des banques ni numéro de maisons dans les rues. Le courrier se dépose dans un bac en bois au café de la place où chacun puise le sien et celui de ses voisins une ou deux fois par mois. Mais on vit bien. Les plages sont de sable fin. On trempe le poulpe grillé dans son ouzo. Et il y a toujours un Saint à fêter, prétexte à quelque banquet rural où l'on mange et boit à volonté, parfois gratuitement, de la chèvre rôtie au petit rosé, entrecoupés de danses sirtaki ou zébético sous les lampions des eucalyptus ou des hauts pins jusqu'au petit matin. La sieste reste sacrée: il est particulièrement inconvenant de pétarader en mobylette ou de téléphoner entre 15 et 17 h. En route donc vers la Grèce australe, au bout du bout du 3ème doigt de la Laconie, là où somnole l'ultime paradis abordable de notre vieux continent et où s'arrête aussi notre Marché commun: à Neàpoli où, depuis mille ans, de rares voyageurs s'activent à assurer leur seul embarquement pour Cythère. Bon vent mais signomi*: nous, nous garderons les pieds sur terre à quai et c'est ici que nous jetterons l'encre de notre récit.
*excusez-nous (en grec).

" Flûte alors! Dimitri, j'ai de nouveau laissé tomber mon petit râteau! " " Ce n'est rien, prenez le mien. Je dois quand même descendre de l'arbre pour aller chercher une scie. Car je suis sous une haute branche que je n'arriverai pas à cueillir. Elle file vers le ciel et l'an prochain elle sera encore plus difficile d'accès… " Et Dimitri, à 59 ans, de descendre souplement du gros olivier en quelques secondes, comme s'il s'était agi d'une courte volée d'escaliers. Il faut dire qu'ici, aux Saints-Apôtres (Agioi Apostoloi), à 8 km de Neàpoli en Laconie, on vit bien. On vit vieux. Et l'olivier constitue le bien le plus précieux des villageois dont chacun entretient les siens, souvent millénaires, avec un soin antique et presque médical.


Et si vous plaisez aux villageois, il s'en trouvera peut-être l'un ou l'autre pour venir déverser et vous offrir ...80 pastèques et melons au pied de notre plus vieil olivier. Petit cadeau d'amitié...

La taille des branches s'effectue en même temps que la cueillette des olives, chaque année au mois de novembre. Et bien que l'olivier soit un arbre immortel (si on ne le brûle ni ne le déracine), chaque oléiculteur sait que la qualité et la quantité de son huile dépendront de celles de ses soins. Un olivier bien taillé doit l'être en forme de gobelet, afin que le soleil y pénètre amplement et qu'aucun jet gourmand non porteur ne puisse gêner le déplacement du cueilleur au moment de la récolte. Une récolte qui, ici, s'effectue encore à la main et au peigne (un petit râteau en bois), à l'ancienne, comme au temps de Léonidas, voici 2500 ans. L'avantage majeur de ce procédé réside dans le fait que les petites olives peuvent être cueillies à point et donc avant de tomber d'elles-mêmes au sol (dans un filet où elles s'acidifieraient au contact de la terre en attendant leur ramassage). Mais l'inconvénient majeur de ce procédé, par contre, réside dans son coût élevé qu'aucun pays riche ne peut plus s'autoriser aujourd'hui. Le prix de la main-d'œuvre en France, en Italie, en Espagne, ne permet en effet plus d'envoyer des ouvriers dans les arbres avec des petits râteaux. Seul (en Europe) le sud de la Grèce où les services d'un cueilleur ne coûtent que 30€/jour perpétue donc encore ce rite millénaire dont la saveur non acide reste effectivement incomparable. O tempora, o mores. A une époque où tout s'accélère, seule l'olive de Laconie ne semble donc pas pressée… de sombrer dans un banal manque de goût. Vous avez dit saveur?

Des sites à mettre au… Net
Et pourtant aucun guide touristique, aucune carte, aucun tour-opérateur n'évoque jamais ce dernier doigt austral de la Grèce et de notre Continent. Tout au plus les ouvrages les plus futés mentionneront-ils Kalamata et ses G.O., Sparte et son site byzantin de Mystras, ou Monemvassia et son rocher des pirates de Malvoisie. Sans jamais citer les noms d'Elia, de Pandanasa, d'Asopos, d'Archangelos ou des Saints-Apôtres (Agioi Apostoloi). Alors que, depuis longtemps un ruban de bitume -rectifié et confortabilisé en 2004- s'y déroule pourtant sur 100 km depuis Sparte, dévoilant de surprise en surprise ses plages, ses orangeraies, ses canyons, ses pics et ses pointes enfoncées jusqu'au Cap Malée entre deux mers, Ionienne et Egée.


Au-delà de nos figuiers, sur fond de cirque de montagnes calcaires, voici votre Résidence au coeur de notre oliveraie.


Découvertes par un berger étonné d'en voir sortir des abeilles, les grottes de Kastania sont ouvertes au public depuis l'été 2003. Elles passent pour être les plus belles de Grèce... car elles reproduisent un phénomène probablement unique au monde, celui de présenter des stalagmites blanches surmontées de stalactites rouges comme la latérite "africaine" du sol qui les surplombe.


On vit vieux en Laconie. Et bien. Très vieux. Et très bien. Mais, tss, tss, on ne demande pas son âge à une dame... de 100 ans!

Semblant flotter loin des exigences du 3ème millénaire, ce doigt recèle pourtant tous les secrets les plus convoités du tourisme contemporain. L'authenticité. La sécurité totale. Les traditions. L'art de vivre. Les plages désertes de sable blanc. Dans un savant dosage de gastronomie, de musique et de mentalité orientales dues à 300 ans d'occupation ottomane, reconvertis à la sauce chrétienne. Ici, dans des bourgades où le pope fait du ski nautique, loge en noir des ouvriers bulgares, joue le taxi clandestin et cueille ses olives sur le plus gros tracteur New Holland de la région, les villageoises continuent à s'endimancher jeunes et à porter la mantille vieilles pour se rendre à la messe où, de toute évidence, il est indispensable d'apparaître chaque dimanche. Comme il est de bon ton aussi de se rendre au restaurant de la place, non pour y dîner mais pour y voir et y être vu. Comme il est essentiel de participer à la volta du samedi soir en été, rues fermées, d'arpenter la chaussée et d'y rencontrer tout le village, GSM à l'oreille ou non. Quant au cafénéion, qu'il convient de choisir -de Peppone ou de Don Camillo selon que l'on vote à gauche Pasok ou à droite Néo Démokratia-, il est moins utile de s'y asseoir pour boire un ouzo que pour y prendre son courrier, papoter et refaire le monde, négocier des terres ou embaucher des " journaliers " pour ses travaux agricoles du lendemain. Le tout sur fond constant d'écrin de montagne blanche, rose ou citron selon les heures, galbant doucement ses versants vers le collier de plages des deux mers qui l'enserrent. Avec pour seul ciment entre tous ces villages l'unique route que foule un bus d'Athènes trois fois par jour et sur le bitume de laquelle somnolent encore l'un ou l'autre cabot, chèvre ou bourricot non stressés. Ici, peu de sites à voir, certes, sauf ceux des grottes aux stalactites rouges de Kastania; de la plage blanche de Pounta qui ferme le lagon de Neàpoli sur l'île d’Elafonissos; du superbe sanctuaire de la Vierge au sommet du canyon déserté de Sklavouna; et bien sûr des pressoirs d’huile où, chaque année en fin novembre, les yeux des villageois et ceux de Dimitri s’illuminent autour de la grande cuve où jaillit l’or vert de leurs efforts. Ces soirs-là et jusqu’à l’An Neuf –Kronia polla!- il n’y aura guère d’autre sujet de conversation que le prix, la qualité et la quantité de l’huile de chacun dans le petit resto "la halte gourmande"de Nikos et Argyri, dans les deux kafénéia et sur la placette des Martyrs d’Agioi Apostoloi, là où se joue aussi l’avenir du monde: dans les deux classes de la minuscule école inondée de soleil où Mademoiselle Eléni veille sur les six enfants de maternelle. Deux fois moins nombreux que les Saints-Apôtres…



"Geia sou, se ighia ", vous dit Yourgos en vous souhaitant la bienvenue !